Jim Morrison, AILLEURS, Sam Bernett - Jean Marie Gessat - roymodus
Paradise now !
Jim Morrison n’est pas l’agité du bocal qu’on a voulu nous faire voir, de-ci de -là. Le "fiasco" de Miami (l’appellation reste incongrue) tient à la fois à de très mauvaises conditions techniques ainsi qu’au public lui-même. Allez à un concert des Doors est devenu très rapidement un "show hot". Jim Morrison, n’est pas en reste. Il se laisse très rapidement emporté par la foule, et quelques bouteilles aidant, il perd rapidement son "self-control".
A moins que tout cela soit autre chose. Les événements de Miami ont été précédés par la découverte du Living Theater au début de l’année 1969. Jim ira les voir cinq jours de suite.
Le Living Theater est une troupe de théâtre expérimental créée en 1947 à New York par Julian Beck et Judith Malina. C’est un renouvellement des formes théâtrales et son influence reste importante sur le théâtre des années 60 jusqu’à nos jours.
Pour Jim le choc est décisif (dé - Sisyphe "il le soit de sa condition d’esclave). Ce qu’il voit et entend le conforte dans les intuitions qu’il avait eu à l’Université de Los Angeles. Rapprocher Nietzsche, Gustave Le Bon, Artaud et Jung n’allait pas de soi au moment où Freud est encore au Etat Unis la rustine de premier choix (elle l’est encore et toujours en France...).
Au début des années 1960, le Living Theater se politise en réaction au contexte politique des États-Unis et face à la guerre du Vietnam. Le Living Theater radicalise ses idées anarchistes et pacifistes. Tandis qu’avec la découverte d’Artaud, la troupe choisit d’associer le corporel à l’intellect.
Dans cette continuité les acteurs adoptent les principes du « théâtre de la cruauté », et rendent compte de la violence d’une société carcérale.
Le Living est expulsé de son théâtre à la suite de la représentation du spectacle The Brig". La troupe décide donc de s’exiler en Europe où elle s’oriente vers la performance et le happening en privilégiant les messages révolutionnaires à la forme dramatique.
Morrison n’est pas très "Power flowers". L’engagement du "Living Theater" avait des implications plus importantes pour Jim que de mettre ses couilles à l’air et de regarder des nichons... Dans la vidéo du Living Theater on peut reconnaitre dans les exécutions un geste que Jim répétera souvent dans ""Unknown Soldier"
Résolument, Jim Morrison a toujours cherché à sortir du théâtre de la vie, coté cour ou coté jardin, qu’importe, il faut quitter la salle. Il n’a pas voulu s’avancer plus en avant vers la foule, pour ne pas être consumé. Bien que l’attraction soit importante, Jim Morrison a voulu quitter le spectacle par la sortie des artistes, seul et maître de sa destinée, dans l’ombre de la lumière.
et Jim Morrison, dans sa tenue carcérale de souhaiter :

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