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on se défonce une porte ouverte ? #2

Jim Morrison, AILLEURS, Sam Bernett - Jean Marie Gessat - roymodus

75 000 $

Printemps 1970, l’enregistrement du 4ème titre des Doors, « Soft parade » se passe mal. L’histoire a retenu le comportement difficile de Jim Morrison, l’alcool, la drogue et même l’énervement. L’enregistrement s’étale (sic) sur onze mois. Les choix musicaux aboutiront à une impasse. Mais le temps presse, le producteur pense que les Doors sont à bout parce que Jim est à bout. Il veut vite en finir avant une catastrophe. Jim vient de prévenir Ray Manzarek que pour lui c’est fini. Ray a réussi à lui soutirer un délai, mais Jim en a marre, et « cela fait dix ans que cela m’emmerde ! ». Dans ce contexte les événements de Miami trouvent une raison. C’est plutôt ironique de parler d’un fiasco (à la Stendhal) quand il a été question de monter sa bite… mais restons sur le fiasco. La tournée américaine que Miami devait inaugurer est annulée. Les radios sur tout le territoire américain interdisent l’antenne aux Doors. Les Doors deviennent muets.

Mais Jim ne l’est pas. Il clame dans l’incompréhension complète de ses proches, de ses amis, de son public que la société américaine est sous une chape de plombs. Cette unanimité comprend les politiques, la justice, les ligues puritaines et même les kyrielles de groupies délurés… Jim Morrison est pris pour un phénomène, un clown, un excentrique. Tous l’entendent mais personne ne l’écoute ! Avec les Doors cela va mal aussi. Les paroles de Robbie Krieger sont trop violentes pour Jim. Il ne faut pas prendre les armes, il faut changer la pensée des gens ! Jim propose que pour la première fois, les chansons soient signées de leur auteur respectif. Il est logique d’en déduire que Morrison est sûr qu’il ne les chantera bientôt plus. Et puis il y a cette histoire de Buick. Les Doors (sans Jim Morrison) ont signé un contrat de 75’000 USD (1968) pour que Buick utilise une de leur chanson pour devenir "Come on Buick, light my fire". C’est là que le dialogue qui suit prend tout son sens.

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On a revalorisé la somme en USD 2010, soit près de 400 000 USD 2010. De nos jours peu de groupe peuvent revendiquer cette somme pour vendre leur musique à la pub. On comprend la déception des Doors… 400 000 USD, on comprend aussi la conviction de Jim Morrison. Lorsque Ray Manzarek et Jim Morrison se sont rencontrés sur la plage de Santa Monica et qu’ils ont décidé de créer les Doors, Ray a souhaité gagner des millions de dollars. A n’en pas douté c’était une boutade, pour conjurer le sort. Mais si à un moment donné, les Doors ont pu penser capitaliser sur leur succès pour pouvoir voir l’avenir venir, Jim Morrison, entre autodestruction et projection dans le futur, a toujours pensé qu’il passerait le seuil des portes pour aller ailleurs… de plus en plus prêt de ce qu’il est lui-même. Au point peut-être d’y aller en autostop ?..
Quel aurait été ce Jim Morrison alors ? Certainement un cinéaste et surtout un écrivain. Il aurait même pu reprendre une ou deux tournées avec les Doors, dans un autre contexte. Avec des chansons de plus en plus élaborées et Ray Manzarek aurait suivi Jim dans cette aventure. D’ailleurs, n’est-ce pas la même trajectoire qu’il partage depuis des années avec Michael McClure ?

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