Le chateau des Carpathes, d’après Jules Verne - roymodus
"Le Château des Carpathes" est une œuvre tardive de Jules Verne qui parue en 1892. Or ce roman était déjà rédigé en 1889. Dans une lettre à son éditeur Louis-Jules Hetzel (la III° république est la république des Jules !) du 10 novembre 1889, Jules Verne écrivait : "Nous garderons pour [18]91 le "Château des Carpathes"..." Ce roman a donc été rédigé près de vingt cinq ans après la mort d’Estelle Hénin-Duchesne. Estelle (La Stilla dans le roman) est morte à l’âge de vingt neuf ans en 1865, alors que Jules en avait trente sept, après que le mari cocu lui eût fermé la porte au nez, sans savoir ce qu’il était advenu d’elle depuis ce moment et sans connaître les circonstances exactes de sa mort ni les événements qui l’ont précédée (et probablement causée !...). Cette mort suspecte (voir le demi-aveu du mari, par la suite, dans le texte quelque peu sibyllin de son testament !) privait Verne de jamais voir sa fille, l’enfant naturel qu’il eut d’Estelle Hénin quelques mois avant sa mort. Estelle Hénin mourut à une époque où les autorités n’y regardaient pas de si près, d’autant que le mari était notaire, et au fait de toutes les subtilités et les faiblesses des lois. Le fantôme d’Estelle revient donc dans l’imaginaire de Verne sous la forme, très moderne alors, de l’enregistrement de sa voix, couplé à la projection d’images (type lanterne magique) dans le château du méchant de Gortz, symboliquement le mari.
Quant à la fille naturelle que le mari, peut-être assassin de son épouse (directement ou indirectement), avait confié à la famille de sa femme tandis qu’il se chargeait lui-même de l’éducation de ses deux fils (convaincu là de sa paternité), Verne n’en entendrait plus parlé jusqu’à la fameuse lettre qu’elle écrivit à son père, jamais rencontré, pour lui annoncer son mariage (lettre hélas tombée dans les mains de son fils Michel et de sa femme Honorine !...). Elle paraîtra, elle aussi, à l’instar de sa mère Estelle, dans un autre roman de Verne, intitulé par lui fort justement "La fiancé invisible", sous le nom de Myra (Déguisement de Marie, son vrai prénom), alors que le titre voulu par l’auteur était lamentablement transformé (ainsi que le roman lui-même) par Verne fils et Hetzel fils en « secret de Whilhelm Storitz ». Michel Verne au fait de la véritable histoire de sa demi-sœur avait compris le symbolisme du roman aux yeux de son père, et a très certainement voulu faire disparaître tout ce qui aurait pu, révéler la vérité.
Nous remercions Monsieur Weissenberg pour nous avoir communiqué ces informations et pour nous avoir permis de publier la photo d’Estelle Hénin-Duchesne, donc il est l’heureux gardien et protecteur.
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