dessinateur - scénariste
J’ai suivi des études à l’École Argentine de Bandes Dessinées (Escuela Argentina de Historieta), avec notamment comme professeurs : Andrés Accorsi, critique et éditeur, Juan Zanotto, dessinateur, et Enrique Alcatena, dessinateur. Bref élève aux Beaux Arts à l’Univesidad Nacional de La Plata, ainssi qu’aux cours de Lettres dans l’Universidad Nacional de Misiones. J’ai vite abandonné ce cursus étant en désaccord avec ses contenus, ses méthodes, ses professeurs, et … ses élèves. Mon seul objet de satisfaction était l’édifice... J’ai illustré un livre aux éditions chilienne Solyluna libros, et je travaille régulièrement dans la revue humoristique : "Mbarigüí", ainsi que dans la revue "Comiqueando". En ce qui concerne à ma nationalité et mon âge, je ne les crois pas essentiels. Dernièrement, après des discussions longues et ennuyeuses je suis arrivé à détester le nationalisme. Je pense qu’il s’agit en effet d’une idée trop métaphysique, appartenant à l’imaginaire collectif comme un amas de généralisations et d’orgueils injustifiés. Puisqu’il m’est impossible de ne pas avoir de nationalité, j’ai décidé de naître le 13 Août 1983, dans la jolie ville d’Adelaide, en Australie. Et je vis en Argentine.
Estudió en la Escuela Argentina de Historietas (EAH), con notables profesores como Andrés Accorsi, crítico y editor ; Juan Zanotto, dibujante ; y Enrique Alcatena, dibujante. Fugaz alumno de Bellas Artes en la Universidad Nacional de La Plata, y de Letras en la Universidad Nacional de Misiones, confiesa haber abandonado esas instituciones por estar en desacuerdo con los contenidos, los métodos, los profesores... y los alumnos. Aunque no puede quejarse de los edificios. Su austero curriculum apenas si incluye el libro "El mito de El-Lal" para la editorial chilena Solyluna Libros, y trabajos regulares en la revista humorística "Mbarigüí", así como en la revista "Comiqueando". En cuanto a su nacionalidad y a su edad, no los considera relevantes. Últimamente, después de discusiones largas y fastidiosas dice detestar el nacionalismo, "idea llena de metafísica, generalizaciones, y orgullos injustificados". Como resulta imposible no tener, por lo menos, una nacionalidad, decidió arbitrariamente haber nacido el 13 de Agosto de 1983, en la hermosa ciudad de Adelaida, en Australia. Y vive en Argentina.
Quand ce soldat atterrit le 10 juin 1920 à l’asile de Rodez, établissement dirigé par le Docteur Fenayrou, ce n’est plus un inconnu pour l’Administration. Voilà plus de deux années que cet amnésique, découvert sur le quai de la gare de Lyon-Brotteaux, le 1er février 1918, passe d’un hôpital l’autre. Un simulateur ! Une victime ? Un fou ?!. On croit entendre quelques mots d’anglais, le nom d’une eau minérale, un prénom et le nom d’une famille... Voilà l’énigme administrativement résolue ! Le dossier est clos et la Grande Guerre (la dernière) est enfin terminée ! On veut oublier les 1,5 millions de morts, les 4 millions de blessés et les 250 000 disparus.Qu’est ce que cela veut dire disparu ? Anthelme Mangin, c’est l’identité qu’on lui extirpe, ne doit séjourner que quelques jours dans l’hôpital de Rodez. Le temps pour l’Administration de s’en débarrasser. Mais le docteur Fenayrou est un honnête homme et ce tour de passe-passe ne le satisfait pas. Il décide de faire paraître dans la presse nationale un avis de recherche. Et voilà la guerre qui redémarre, les familles se déchirent pour un mari, un père, un frère, un fils disparu. Au mépris des évidences, les plus flagrantes, huit centimètres en moins, une cicatrice qui manque, une date de disparition discordante, toutes ces familles se débattent. Et comment ne pas comprendre le désarroi de ces femmes, de ces mères et de ces sœurs ? Victimes de la guerre, elles aussi, à qui il ne reste que l’absence des disparus
Cette question, Jean-Yves Le Naour, historien de métier, semble l’avoir retournée dans tous les sens. Scénariste de l’album "Le soldat inconnu vivant" dessiné par le méconnu mais ô combien talentueux Mauro Lirussi, il explique dans cet entretien son point de vue sur cette interrogation cornélienne. Cela entre autres choses.
BD Gest’, propos recueillis par F. Mayaud
Le docteur Fenayrou voudrait qu’ Anthelme Mangin revienne dans le siècle malgré le retour imminent de la catastrophe et alors que les hommes sont prêts à oublier à nouveau leur humanité. Pour l’amnésique de Rodez cela ira de mal en pis avec la mise à l’écart du docteur Fenayrou.
Le soldat inconnu meurt le 10 septembre 1942 sans état d’âme, la barbarie aura eu raison de lui. Pendant l’Occupation, ce sont plus de 40 000 personnes internées qui mourront de faim dans des conditions inhumaines. Après avoir été reconnu par près de trois cents familles, après avoir été le sujet de nombreux débats à l’Assemblée Nationale, l’inspiration de pièces de théâtre, le soldat inconnu meurt forclos dans le silence et l’anonymat.
Toutes les actualités de : Mauro Lirussi
imprimatur © roymodus.com site réalisé par Sylvain