Les confidences de Jim Morrison à Sam Bernett
SAM BERNETT : "Jim Morrison a passé les trois derniers mois de sa vie à Paris.
J’ai eu la chance de le rencontrer plusieurs fois au Rock’n’roll Circus. Une discothèque de Saint-Germain des Prés que j’avais créé et que j’animais. Jim appréciait particulièrement cet endroit où toute la faune musicienne internationale de l’époque aimait à se retrouver. Nous bavardions souvent ensemble au cours de ces soirées lorsque son état le permettait. Jim Morrison buvait énormément et se défonçait sans limite. De sorte que certaines conversations étaient surréalistes comme d’autres étaient brillantes. Je vous propose donc, en lisant cette bande dessinée de retrouver le florilège incomplet de quelques unes de nos conversations.
J’ai souhaité en écrivant cette histoire vous transmettre mon émotion. Jim se confiait avec beaucoup de pudeur et de sincérité. Il me parlait de son écriture, de son œuvre, de ses mots qui remplissaient des cahiers d’écolier. Souvent Jim était difficile à comprendre mais les mots étaient toujours justes. Jim Morrison était une personnalité complexe, splendide et insondable. Il luttait en permanence contre de nombreux démons intimes.
En venant à Paris, Jim Morrison choisit de ne plus s’adresser aux foules pour n’écrire qu’à un seul individu : “Toi, lecteur !” Dès lors plus de concert, plus de grande messe, plus de provocation… Seule la puissance créatrice, ballotée entre la vacuité du monde et son gouffre. Pamela Courson, sa compagne jusqu’au dernier jour, fut une ancre et un démon de plus. Plus que personne, elle favorisa l’émergence du poète. Mais une ancre trop lourde, entraînant au fond l’esprit de Jim sans jamais trouver de rocher pour s’y arrimer.
Jim Morrison mourut d’une dose d’héroïne dans la nuit du 2 au 3 juillet 1971. Je l’ai retrouvé mort dans les toilettes du Rock’n’Roll Circus, mort d’un arrêt cardiaque foudroyant provoqué par la drogue. Son entourage a préféré le “faire mourir” chez lui, dans sa baignoire.
Un fragment de l’histoire véritable est donc par nature un véritable mystère. Mais rien ne préfigurait l’immortalité du chanteur et l’immortalité du poète."
“I had the chance to meet Jim several times at the Rock ’n’ Roll Circus, a nightclub in Saint Germain-des-Prés that I created and ran. Jim was particularly fond of this place where all the wildlife of international musicians of the era liked to meet. We often chatted together during the evenings when his condition permitted. Jim Morrison drank a lot and got high without limit. So some conversations were surrealistic while others were brilliant. I propose, therefore, reading this incomplete anthology of some of our conversations.”
scénario : Sam Bernett dessins : Jean Marie Gessat
parution : 3 juin 2011 Pour les 40 ans de la mort de Jim Morrison
bande dessinée de 48 pages isbn : 9782363630001 - prix : 12,5 €
on se défonce une porte ouverte ? #4
Jim Morrison, AILLEURS, Sam Bernett - Jean Marie Gessat - roymodus
on se défonce une porte ouverte ? #3
Jim Morrison, AILLEURS, Sam Bernett - Jean Marie Gessat - roymodus
"Jim Morrison ailleurs" n’est pas une bande dessinée à clé. Il est difficile de tenir cadencé une porte ouverte. Fidèle à la devise de Gengis Khan qui voulait que les villes ne se prennent qu’avec les mots, nous allons mettre des mots sur quelques aspects de la bande dessinée de Sam Bernett et Jean Marie Gessat. Mettre des mots afin de prendre toute la mesure des situations qui ont été illustrées dans "Jim Morrison, ailleurs ..."
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